Le vaccin contre la COVID19 (en détails)

Le vaccin contre la COVID19 (en détails)

Dernière modification le 13/01/2021

C’est une technologie ultra-innovante, qui rompt avec les vaccins classiques. Ces derniers consistent à injecter le virus dans l'organisme, soit sous une forme atténuée, soit sous une forme inactivée, pour provoquer une réponse immunitaire. La technique de l'ARN messager, elle, consiste à envoyer un message, une sorte de "recette" à appliquer, qui est ensuite rapidement détruite.

Comme leur nom l’indique, ils contiennent de l’ARN. Présente chez tous les êtres vivants, c’est une molécule quasi identique à l’ADN. On dit que l’ARN est «messager» lorsque sa forme copie temporairement celle d’un fragment d’ADN. Il retranscrit l'information génétique d'une partie du virus. Les brins d’ARNm injectés portent les gènes du coronavirus responsable de la synthèse d’une protéine.

Une fois injecté dans le corps, l’ARNm entre dans les cellules humaines. Les gènes sont «lus» par les «usines des cellules», qui fabriquent cette protéine. En gros, on donne au corps une sorte de code-barres du coronavirus. Le système immunitaire va fabriquer des anticorps

Les protéines, fabriquées en grand nombre par les cellules, sont alors détectées, ce qui déclenche une réaction immunitaire.

En d’autres termes, le système immunitaire va fabriquer des anticorps pour neutraliser le coronavirus. Ces mêmes anticorps pourront reconnaître et combattre efficacement le coronavirus s’il tente d’infecter l’organisme plus tard.

Une fois cet ARN «lu», il est rapidement détruit et il n’en reste plus aucune trace dans le corps.

Comme cette technique provoque une réaction immunitaire modérée, elle nécessite l’administration de deux doses à 21 jours d’intervalle, pour assurer une protection durable.

Comirnaty contient une molécule d’ARNm avec des instructions pour produire une protéine du SARS-CoV-2, le virus à l’origine de la COVID-19. Comirnaty ne contient pas le virus lui-même et ne peut pas causer la COVID-19.

Comirnaty agit en préparant l’organisme à se défendre contre la COVID-19. Il contient une molécule appelée ARNm qui renferme des instructions relatives à la fabrication de la protéine spike. Il s’agit d’une protéine à la surface du virus SARS-CoV-2 dont ce dernier a besoin pour pouvoir pénétrer dans les cellules de l’organisme.

Lorsqu’une personne reçoit le vaccin, certaines de ses cellules lisent les instructions de l’ARNm et produisent momentanément la protéine spike. Le système immunitaire de la personne traite alors cette protéine comme un corps étranger, produit des anticorps et active les lymphocytes T (globules blancs) pour l’attaquer.

Si la personne entre par la suite en contact avec le virus SARS-CoV-2, son système immunitaire le reconnaîtra et sera prêt à défendre l’organisme contre ce virus.

L’ARNm du vaccin ne reste pas dans l’organisme, mais est décomposé peu de temps après la vaccination.

Le vaccin à ARN messager ne contient pas d’adjuvant (aluminium ou autre).

Les personnes qui ont ou ont eu la COVID-19 peuvent recevoir Comirnaty.

La Haute Autorité de Santé française recommande néanmoins de respecter un délai minimal de 3 mois après le début des symptômes avant de procéder à la vaccination et de ne pas vacciner en présence de symptômes persistants.

Un essai clinique de très grande envergure a montré que Comirnaty était efficace pour prévenir la COVID-19 chez les personnes de 16 ans et plus.

Les personnes allergiques à l’un des composants du vaccin ne peuvent pas se faire vacciner. Outre la molécule d’ARNm, ces composants sont :

  • ALC - 0315 = bis(2-hexyldécanoate) de ((4-hydroxybutyl)azanediyl)bis(hexane-6,1-diyle)
  • ALC - 0159 = 2-[(polyéthylèneglycol)-2000]-N,N-ditétradécylacétamide
  • 1,2 - distéaroyl-sn-glycéro-3-phosphocholine
  • cholestérol
  • phosphate dibasique de sodium dihydraté
  • phosphate monobasique de potassium

Actuellement, un seul vaccin est disponible, le Comirnaty de Pfizer/BioNTech. L'Europe vient d’autoriser, ce 6 janvier, un deuxième vaccin, celui de Moderna. Mais ces deux vaccins s'appuient sur la même plateforme et sont assez similaires. D’autres vaccins sont encore en cours d’études et devraient être disponibles dans les prochaines semaines et prochains mois.

Le vaccin Comirnaty, actuellement disponible nécessite un rappel vaccinal (donc une seconde injection à un intervalle d’au moins 21 jours). Cette deuxième dose est essentielle pour assurer une bonne immunité.

Un second rendez-vous vous sera donc donné lorsque vous recevrez votre première dose vaccinale.

Pour les autres vaccins contre la COVID-19 actuellement en cours de développement, le nombre de doses supposées nécessaires est:

  • Moderna : deux doses
  • AstraZeneca : deux doses
  • Janssen (Johnson & Johnson) : une ou deux doses (l'étude est toujours en cours)
  • CureVac : deux doses
  • Sanofi : deux doses

Afin de déterminer si les vaccins sont efficaces, des essais cliniques, appelés essais de phase 3, sont réalisés sur de nombreux sujets. Les vaccins contre la COVID-19 impliquent des dizaines de milliers de sujets, ce qui est plus que d'habitude. Certains groupes à risque comme les personnes âgées ou les personnes souffrant de maladies spécifiques (problèmes cardiaques ou pulmonaires, diabète, obésité, etc.) sont représentés dans ces essais cliniques. Toutefois, il n'est pas toujours possible d'inclure tous les groupes à risque (par exemple, les patients à risques multiples et les patients atteints de maladies rares).

Les sujets testés sont aléatoirement divisés en deux groupes dont l'un reçoit le vaccin contre la COVID-19 et l'autre un placebo ou un vaccin contre une autre maladie. Ils sont ensuite suivis pendant plusieurs mois pour identifier qui a été infecté par la COVID-19 et qui ne l'a pas été. Lorsqu’il y a beaucoup moins de personnes infectées dans le groupe qui a reçu le vaccin contre la COVID-19, le vaccin est considéré comme efficace.

Un vaccin ne sera autorisé que si son efficacité a été prouvée. Pour les vaccins contre la COVID-19, comme pour tout vaccin, les experts de l'Agence européenne des médicaments examinent de près toutes les données. Les vaccins contre la COVID-19 doivent répondre aux mêmes exigences strictes que tous les autres vaccins.

Comme pour tous les autres médicaments, la sécurité des vaccins contre la COVID-19 est contrôlée après leur mise sur le marché. Ainsi, tous les effets indésirables sont surveillés au niveau national et européen. Pour les vaccins contre la COVID-19, les systèmes de surveillance existants ont été renforcés tant au niveau européen que national.

Toutes les données scientifiques seront accessibles au public sur le site web de l'Agence européenne des médicaments (EMA). Une fois le vaccin approuvé, les informations sur le produit (notice et résumé des caractéristiques du produit (RCP)), le rapport d'évaluation de l'Union Européenne (EPAR), le plan de gestion des risques (Risk Management Plan, RMP) et des données sur les essais cliniques seront disponibles. Après la mise sur le marché, des données sur les effets indésirables suspectés seront également disponibles.

Comme tous les médicaments, les vaccins peuvent provoquer des effets indésirables mais ils ne surviennent pas chez tout le monde.

La Haute Autorité de Santé Française et l’Autorité de Santé Européenne travaillent sur ce sujet et diffuseront l’information au fur et à mesure que les effets seront observés.

Pour l’heure, nous avons pu observer sur certaines personnes au Royaume-Uni où la vaccination a déjà commencé avec le vaccin de Pfizer les effets secondaires suivants : des rougeurs autour du point d’injection, de la fatigue, des maux de tête, et en moindre mesure des frissons, des courbatures, voire de la fièvre ou des réactions allergiques.

Dans de rares cas, une réaction plus sévère peut également être observée. Le risque d’effets indésirables graves ou de longue durée est très faible, mais ne peut jamais être exclu. Cela s'applique non seulement aux vaccins contre la COVID-19, mais aussi à tout médicament, y compris tout vaccin.

Il est préférable de rapporter les effets indésirables suspectés au professionnel de santé qui vous a vacciné ou, si vous avez été vacciné au Centre national de vaccination ou par une équipe mobile de vaccination par téléphone au 98.98.98.95 ou au 98.98.98.96 ou par e-mail à l’adresse suivante : pharmacovid19@gouv.mc.

Le risque de contracter la COVID-19 est bien plus faible chez les personnes ayant reçu ce vaccin mais celui-ci – comme n’importe quel autre vaccin – n’est pas efficace à 100 %.

Lorsqu’une personne reçoit un vaccin, elle n’est pas immédiatement protégée. L’organisme a besoin de quelques semaines pour se protéger. L’effet d’un vaccin sur la transmission du virus n’est pas encore connu. Cette question fait actuellement l’objet de vastes études scientifiques. Pour l’instant, il importe dès lors de continuer à suivre toutes les mesures d’hygiène et de distanciation sanitaire.

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